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I) Le comportement d’aide : définition[]

Dans le domaine du comportement d’aide, on distingue le concept d’altruisme de celui du comportement d’aide.

Le comportement altruiste consiste à faire une action dont une personne ou un groupe de personnes bénéficiera et dont le but premier n’est pas d’en retirer quelques conséquences positives pour soi-même (Batson, 1998)

Le comportement d’aide consiste uniquement à aider une personne afin qu’elle puisse en bénéficier, du moins en apparence. Un comportement d’aide peut donc être altruiste ou égoïste, selon les motifs de l’aidant.

II) Les influences situationnelles[]

Sommes-nous bons de nature ou existe-il des déterminants qui nous poussent à l’être ?

Darley et Batson (1973) ont conduit une recherche auprès d’étudiants en théologie sur la parabole du bon Samaritain (enregistrer une émission de radio concernant leur conception de l’altruisme)

Au 1er groupe, il était annoncé que le moment de leur prestation médiatique était venu mais qu’ils avaient tout le temps pour se rendre au camion-studio garé à l’autre bout du campus.

Au 2ème groupe, il était dit qu’il disposait juste de temps pour s’y rendre.

Enfin au 3ème groupe, il était dit qu’il était déjà en retard.

Sur le chemin des étudiants, avait été placé un compère de l’expérimentateur souffrant, toussant et râlant, blotti dans une encoignure de porte.

VD : nombre de personnes « bons Samaritains »

Résultats :

Séminaristes en avance : 63%

Séminaristes à l’heure : 45%

Séminaristes en retard : 10%

Les résultats montrent que l’on est bon lorsque l’on dispose d’un temps suffisant pour le devenir.

1. Les normes[]

  • La norme de réciprocité

La norme de réciprocité, repose sur des principes d’échanges sociaux et postule que les gens sont récompensés pour ce qu’ils apportent aux autres. Les individus auront donc tendance à aider ceux qui les auront aidés, surtout si cette aide a été apportée gratuitement et volontairement.

Exemple : les individus sont plus enclins à aider des gens qui aident les autres (Boster et al, 2001), sans doute parce qu’ils croient que ceux-ci pourraient les aider à l’avenir.

  • La norme d’équité

Le fait que les gens qui se perçoivent dans des situations non équitables où ils croient recevoir plus de bénéfices qu’ils n’en procurent aux autres devraient aider ceux qui en ressentent le besoin afin de réduire l’inéquité et, ainsi, de restaurer l’équilibre.

Exemple : des gens qui avaient été pardonnés pour une mauvaise action sentaient qu’ils devaient quelque chose à la personne qui leur avait pardonné (sentiment de rétribution), et ils aidaient davantage les autres par la suite que ceux à qui on n’avait pas accordé le pardon (Kelln et Ellard, 1999)

  • La responsabilité sociale

Selon ce 3ème type de norme, les individus ressentent un besoin moral d’aider les autres, et surtout ceux qui dépendent d’eux (Berkowitz, 1972) Cette norme crée un sentiment d’obligation d’aider les autres.

2. Les modèles[]

Plusieurs études ont souligné l’effet majeur lié à l’observation d’une autre personne qui aide autrui sur l’adoption consécutive du comportement d’aide.

Bryan et Test (1967) : le simple fait de regarder une personne en aider une autre à changer un pneu ou donner de l’argent pour une association caritative augmentait les probabilités que l’observateur du comportement d’aide fasse de même. Imite-t-on l’individu qui n’apporte son aide à personne ?

MacAulay (1970) : des passants qui observent un modèle qui refuse d’aider quelqu’un et même qui se montre très impoli en refusant de le faire seraient plus portés à aider autrui que des gens qui n’ont pas vu un tel modèle.

En fait, l’effet du modèle sur le comportement d’aide de l’observateur dépend, entre autres, de ce qui est le modèle et de ce qu’il fait.

Hornstein et al. (1968) : la similarité entre le modèle et l’observateur.

Ces chercheurs ont déposé sur le sol des enveloppes contenant un porte-monnaie retrouvé et une note préparé par la personne qui avait retrouvé le porte-monnaie. La note indiquait que la personne avait trouvé le porte-monnaie et le retournait avec son argent au propriétaire.

Manipulation de la similarité entre les gens qui ont retrouvé les enveloppes et la personne qui avait initialement retrouvé le porte monnaie.

VI1 : anglais correct vs. Anglais non correct (étrangers)

VI2 : état affectif de la note (Positif vs. Négatif vs. Neutre)

VD : nombre de personnes qui ont ramassé le porte monnaie et restitué l’argent

Résultats : les individus ont d’avantage décidé de rendre le porte monnaie lorsque le modèle leur ressemblait, sauf dans la condition d’état négatif, où ils apportaient beaucoup moins leur aide, probablement parce que les commentaires du modèle avaient amené les personnes à se rendre compte des problèmes liés au fait d’aider le propriétaire du porte monnaie.

III) L’effet de la présence des autres (l’effet du passant)[]

Imaginez que vous soyez dans la rue et que vous voyez une personne se faire attaquer. Comment réagiriez-vous ?

Darley et Latané (1968) : l’effet du passant

Les résultats de ces études ont démontré la relation entre la présence des gens et l’aide apporté à la victime

Les résultats ont révélé que, dans les conditions où une personne était seule avec une victime, 70% des gens apporteraient leur aide. Par contre, dans les conditions où le passant était en présence d’autres gens, seulement 40% d’entre eux aidaient la victime.

Autrement dit, la présence de plus d’une personne près de la victime au moment de l’accident inhibait le comportement d’aide et empêchait donc les gens d’aider la victime.

Le modèle cognitif du comportement d’aide de Latané et Darley (1970)

Phase 1 : percevoir la situation → Avant de pouvoir apporter son aide, il faut d’abord percevoir une situation d’aide.

Phase 2 : Interpréter correctement la situation

Parfois la situation est ambiguë et il est difficile de savoir si la situation d’aide est urgente ou non. Chaque personne étudie les individus situés près d’elle au moment de l’incident et tente de clarifier la situation avant d’aider la victime.

Latané et Rodin (1969) : le rôle des autres des l’interprétation d’une situation.

Comparent le comportement d’aide d’une personne qui se trouve seule, qui se trouve en présence d’un inconnu ou qui se trouve avec un ami dans un local.

Bruit dans le local adjacent.

Les hypothèses étaient les suivantes :

Les personnes seules dans le local ne se fieraient qu’à elles-mêmes pour déterminer s’il s’agit d’une situation d’urgence, et devrait donc aider beaucoup plus l’individu à côté.

Par contre, celles qui attendent en présence d’un inconnu auraient tendance à lui demander s’il s’agit d’une urgence de peur de s’être trompées et d’avoir l’ai ridicule. Elles devraient donc aider très peu la personne à côté.

Finalement, les gens en compagnie d’un ami n’auraient pas peur de révéler vraiment ce qu’ils pensent et discuteraient de la situation pour déterminer si elle nécessite un comportement d’aide. Ces personnes devraient donc apporter leur aide autant que les personnes seules dans le local.

Résultats : Hypothèses validées : les participants qui aidèrent le plus l’individu à coté furent les personnes seules dans le local, suivies de celles qui attendaient en compagnie d’un ami, et enfin, de celles en compagnie d’un étranger.

Phase 3 : accepter la responsabilité de devoir aider autrui

Afin d’adopter le comportement d’aide, il s’avère également nécessaire d’accepter la responsabilité d’agir (le comportement d’aide peut être inhibé lorsque quelqu’un d’autre se trouve près de la victime)

Darley et Latané (1968)

Un participant isolé dans un cabinet de travail communiquait par interphone avec d’autres participants à une étude ; chacun devait parler des problèmes relatifs à sa vie à l’université

Soudain, un des étudiants était pris d’un malaise et demandait de l’aide, indiquant qu’il avait des difficultés à respirer et qu’il croyait qu’il allait mourir (côté urgent de la situation)

Pour les besoins de l’expérience, les participants devaient rester dans leur local, et la situation faisait qu’ils ne pouvaient parler à personne d’autre, puisque l‘interphone était ouvert dans le local de la victime.

Résultats : Moins il y a de personnes avec la victime, plus les gens sont prêt à l’aider et plus ils agissent rapidement.

Phase 4 : choisir le comportement approprié à adopter

Si la situation d’urgence est perçue est interprétée correctement et si vous décidez que vous avez la responsabilité d’aider la personne, il reste tout de même à choisir le geste à accomplir. (bouche à bouche ou appeler une ambulance ?)

Exemple : en situation d’urgence, des infirmières en présence d’autres personnes aident autant la victime que si elles sont seules (71% contre 78% du temps respectivement), alors que des étudiantes aident beaucoup moins une victime en présence d’autres personnes que si elles sont seules (36% contre 71%)

Phase 5 : adopter le comportement d’aide

L’étape finale réside dans l’adoption du comportement d’aide. Si les décisions aux 4 niveaux précédents ont été affirmatives, il reste tout de même à accomplir le geste en tant que tel. A ce stade surgit un déterminant important : le coût lié au comportement d’aide.

Les coûts peuvent être de différents ordres :

  • Temps requis pour aider autrui, tâcher ses vêtements, risquer sa vie, avoir l’air ridicule..
  • Pilavin et al. (1988) ont proposé le calcul du passant (lorsque les bénéfices sont plus élevés que les coûts, les gens ont tendances à aider les autres et inversement)

IV) Les influences personnelles[]

1. Les facteur émotionnels[]

Plusieurs recherches en psychologie sociale ont démontré l’effet des facteurs émotionnels étaient des déterminants majeurs du comportement d’aide (Batson et Powell, 2003)

Effet d’être de bonne humeur : Les individus qui reçoivent de petites attentions, qui trouvent de la monnaie dans une cabine téléphonique, qui écoute leur musique favorite, qui s’imaginent en vacances au soleil, ressentent une humeur positive qui les amène à adopter un comportement d’aide.

Que ce passe-t-il lorsque l’humeur est plutôt terne ? Cela diminue le comportement d’aide ?

Par forcément, plusieurs recherches ont démontré que les gens ressentent des émotions négatives sont également plus portés à aider les autres.

Être de mauvaise humeur ne diminue pas le comportement d’aide.

Effet de l’empathie et l’altruisme :

Batson et al. (1981) ont crée un protocole expérimentale permettant de tester si l’empathie générait davantage de comportement d’aide.

Demandent aux participants d’observer un individu (une personne qui est en train d’apprendre des chiffres) qui reçoit des chocs électriques.

2 groupes : les participants du 1er groupe peuvent quitter le laboratoire avant la fin de la séance s’ils le désirent et ceux du 2nd groupe doivent assister à toute l’expérimentation et observer la souffrance de la personne qui reçoit les chocs électriques.

Ensuite, après avoir regardé 2 essais de réception des chocs électriques, les participants observateurs ont la possibilité de prendre la place de cet individu. Dans la mesure où l’observateur peut quitter immédiatement le laboratoire décide de prendre la place de l’individu, on peut inférer qu’il y a présence de motivation altruiste.

De plus, Batson manipule la perspective empathique du participant en lui disant que la personne qui reçoit les chocs électriques partage plusieurs de ses valeurs et intérêts, alors que, dans l’autre condition, les valeurs du participant sont très différentes de celles de la personne qui reçoit les chocs électriques.

Résultats :

Le pourcentage des participants qui ont décidé de prendre la place de la personne recevant les chocs électriques et, ainsi, de l’aider était relativement élevé dans la condition de fortes émotions empathiques et ce, peut importe si les participants pouvaient quitter le laboratoire librement ou non.

Par contre, lorsque les émotions empathiques étaient faible, les participants n’aidaient la personne que lorsqu’ils y étaient obligés.

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